Lectures du mois d’avril 2017

Avec un peu de retard car
ordinateur chez le réparateur 😉

Ma vie de pingouin de Katerina Mazetti

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Une aventure mettant en scène des personnages sur une croisière en Antarctique. Pourquoi pas! J’ai été peu conquise par l’histoire. Je voyais venir les choses. Un peu trop déluré pour moi.

Citations: « Tous les humains sont des icebergs. Il faut se souvenir que neuf dixièmes de nous sont invisibles sous la surface. C’est ce qui rend l’existence si intéressante. »

« Tout le monde devrait connaître un bon mal de mer de temps en temps, a-t-il marmotté. Ça vous rend humble et doux, on se rend comte qu’on n’a pas grand chose à opposer à la nature. Je crois que je vais inventer un comprimé de mal de mer qui fonctionne à l’envers. Pour le jeter dans le gosier des tyrans omnipotents aux quatre coins du monde quand ils s’apprêtent à envahir un pays, ou à dévaster une forêt, ou simplement à battre leur femme. »

Un homme libre de Philippe Bouvard

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Mon premier livre de Philippe Bouvard. J’ai trouvé le thème intéressant. Croire tellement en soi qu’on finit par tomber. Ici cela va loin, il va devenir SDF. Va-t-il arriver à s’en sortir? Il ne vous reste plus qu’à le lire!

Citations: « Je m’appelle Ego. On serait nombriliste à moins. Des parents facétieux m’ont de surcroît prénommés Walter. Walter Ego. Sans commentaires. »

« Tout cela c’est trop beau pour nous. Ça friserait la publicité mensongère. Nos meubles sont de la merde et la publicité qu’on leur fait doit être du même métal. »

Coule La Seine de Fred Vargas

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Youpi, dansons la Carioca! Punaise, un livre de Fred Vargas que je n’avais pas lu!!! Comment avait-il pu passer inaperçu?
Il s’avère qu’il s’agit d’un recueil de nouvelles, mais cela m’a bien plu. Maintenant il me reste qu’à honorer mon challenge, relire tous les livres de Fred Vargas avant la sortie du nouveau le 10 mai.

Citations: « Danglard, vous croyez toujours que je ne fous rien sous prétexte que je ne fous rien. La réalité n’est jamais si simple et vous le savez mieux que quiconque. »

« Entre le dérisoire et le grandiose, il n’y a même pas l’espace d’un ongle. »

Inoué Yasushi – Le fusil de chasse

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Livre court et inattendu. Tout part d’un poème… en réponse à cette publication, l’auteur reçoit en cadeau trois lettres. Elles vont lui permettre de rentrer dans l’intimité du chasseur décrit dans son poème et être le dernier témoin de ses secrets de famille. Tout en simplicité et pudeur à la japonaise. Belle lecture.

Citations: « Et l’étincelant fusil de chasse,
Pesant de tout son poids sur le corps solitaire,
Sur l’âme solitaire d’un homme entre deux ages,
Irradie une étrange et sévère beauté,
Qu’il ne montra jamais,
Quand il était pointé contre une créature. »

« Il me semble qu’un homme est bien fou de vouloir qu’un autre le comprenne. »

L’Homme aux cercles bleus de Fred Vargas

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C’est parti avec ce premier de la série Adamsberg! Du pur bonheur! J’ai adoré!
Des cercles bleus dessinés autour d’objets insignifiants et cette phrase: « Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ?  »  Cocasse! Puis les cadavres commencent à arriver. Quel est ce tueur étrange?

Citations: « En tous les cas, avec les tranches de semaine, ça ne change jamais. Tranche 1: on s’intéresse, on croit à des machins, on trouve des trucs. Drame et miracle anthropiques. Tranche 2: on ne trouve rien du tout, on apprend zéro, dérisoire de la vie et compagnie. Dans la tranche 2, il y a beaucoup de n’importe qui avec n’importe quoi et on boit pas mal , alors que la tranche 1, c’est plus important, c’est évident. Pratiquement, une tranche 2, ça ne peut pas se rater , ou disons que ça ne tire pas à conséquence. Mais une tranche 1, quand on la bousille comme celle de cette semaine, ça fout un coup. Ce qui s’est passé aussi, c’est qu’au café, c’était de la palette aux lentilles au menu.La palette aux lentilles, ça me fout le bourdon. C’est la désespérance. Et ça en pleine fin de tranche 1. C’était pas de chance, cette foutue palette. »

« Ce type, se dit Danglard, il est attentif à tout, ce qui fait qu’il ne prête attention à rien. »

« L’homme, il faut toujours qu’il se «rende compte». C’est ça qui ne lui vaut que des emmerdements. »

L’Homme à l’envers de Fred Vargas

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Bien tordu comme je les aime. Y-a-t-il un loup garou qui court la campagne?
De la rumeur au mythe, il n’y a qu’un pas!
Adamsberg fidèle à lui-même.

Citations: « – Tu l’aimes ? demanda le Veilleux.
– Tu m’emmerdes avec ta question.
– ça prouve que c’est une bonne question.
– Je n’ai pas dit qu’elle était mauvaise.
– Je m’en fous, j’ai toute la nuit. J’ai pas sommeil.
– Quand on pose une question, dit Adamsberg, c’est qu’on a déjà la réponse. Sinon, on la boucle.
– C’est vrai, dit le Veilleux,. J’ai déjà la réponse.
– Tu vois.
– Pourquoi tu la laisses aux autres ?
Adamsberg resta silencieux.
– Je m’en fous, dit le Veilleux. J’ai pas sommeil.
– Merde, le Veilleux. Elle n’est pas à moi. Personne n’est à personne.
– Finasse pas avec ta morale. Pourquoi tu la laisses aux autres ?
– Demande au vent pourquoi il ne reste pas sur l’arbre.
– Qui est le vent. Toi ? Ou elle ?
Adamsberg sourit.
– On se relaie.
– Ce n’est pas si mal, mon gars.
– Mais le vent s’en va, dit Adamsberg.
– Et le vent revient, dit le Veilleux.
– C’est ça, le problème. Le vent revient toujours. »

Debout Les Morts de Fred Vargas

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Premier des romans sur « les évangélistes » (mes autres chouchous!)
Un arbre apparaît un beau matin dans le jardin de la cantatrice Sophia Siméonidis, et tout part n’importe comment. Les 3 historiens et leur acolyte, flic à la retraite, vont mener l’enquête malgré eux.
Le début d’une série!

Citations: « Le vide prend plus de place que n’importe quel plein. »

« – Tu comprends, Mathias, même si c’est plus pratique de loger ce type au premier, on ne peut quand même pas se permettre de bouleverser la chronologie, de renverser la stratigraphie de l’escalier. L’échelle du temps, Mathias, c’est tout ce qu’il nous reste ! On ne peut pas massacrer cette cage d’escalier qui demeure la seule chose qu’on ait mise dans le bon ordre. »

« Rien de tel qu’un support véridique pour y suspendre un mensonge. »

L’homme qui voyait à travers les visages de Eric-Emmanuel Schmitt

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Un roman pour essayer de comprendre l’incompréhensible.
Pour qui? … pourquoi? … un jour une personne se donne la mort en s’explosant sur la place publique dans le but de tuer?
L’auteur tente d’y répondre, il utilise un peu de fantastique, un peu de critique des médias et du narcissisme en prenant nul autre que lui-même comme personnage !

Citations:  « – Vous paraît-il probable que je sois un terroriste ?
– Oh non !
– Pourquoi ?
– Parce que tu te poses des questions. Un intégriste n’a plus de questions, seulement des réponses. »

« Si la mort consiste à ne pas compter aux yeux des autres, je la pratique déjà. De mon vivant, je suis un mort qu’on ne fleurit pas. »

 

La note sensible de Valentine Goby

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De la douceur et de la sensibilité comme je les aime. Il manque un rien pour que la relation soit magique, comme dans la vie en somme.
Un voisin, un violoncelle, un palier partagé, de l’intime…
Un roman à lire ou à écouter!

Citations: « Je n’ai jamais connu de vous qu’un univers sonore, où dominaient Mozart et votre violoncelle. Vous jouiez. Les voix chantaient. J’écrivais. Votre musique est dans ce manuscrit. A vous entendre, j’ai eu peur de vous aimer. Je vous ai fui. J’ai écrit ce qui aurait pu être notre histoire. Ne me demandez pas pourquoi. Je ne vous demande pas pourquoi vous avez joué pour moi du violoncelle, chaque soir, pendant des mois. Quand vous aurez terminé votre lecture, je serai nue devant vous, et pourtant moins vulnérable qu’au soir du 15 octobre. Je n’aurai plus rien à dissimuler, pas même de l’amour. »

« Vendello, c’était mon voisin. Pas encore un visage, juste un nom inscrit en petits caractères à côté du mien, sur la rangée de boîtes aux lettres. De Vendello, je connaissais seulement ce que la rumeur colportait d’un étage à l’autre. Des bribes de conversations volant de fenêtre en fenêtre, des commérages de palier, des indiscrétions de couloir. Vendello n’était pas un homme. C’était un personnage ; l’invention de la petite société de l’immeuble, un fantasme né d’existences paisibles, une légende surgie du rêve et de l’ennui. Selon les sources, selon les jours, il était tour à tour artiste victime d’une épouvantable tragédie, prince italien ruiné, martyr de l’amour…et le plus souvent un peu tout à la fois. »

Baumes de Valentine Goby

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Tellement aimé La note sensible que me voilà partie pour un deuxième livre de cet auteur.

Un petit compte à régler avec son père? Tout se joue avec les odeurs, odeurs de parfums… Je viens de passer d’un roman sonore à un roman olfactif! Douée la jeune femme!

Citations: « Je me demande si le père de mon père, que je n’ai pas connu, portait l’odeur d’usine dans toute sa peau et tout son vêtement. S’il rentrait lui aussi imprégné d’essences pures, si sa présence provoquait de semblables, silencieuses apocalypses, pouvait défaire le monde dans lequel il surgissait, en imposer un autre, avec ses propres protocoles, que sa disparition renversait aussitôt et les souris dansaient. S’ils se sont transmis ça, en même temps que le patronyme, le patriarcat, la maison magnifique parmi les oliviers: cette capacité à occuper l’espace, le saturer. Le confisquer. »

« D’un bout à l’autre de mon enfance, l’odeur d’usine signe le retour de mon père. L’odeur puissante des cuves à distiller, qui excède toutes les odeurs connues de la nature, les aggrave prodigieusement. Odeur d’essences pures, lavande pure, rose pure, orange pure, vanille pure, parfois additionnées, citron pur et griotte pure, menthe pure et tubéreuse pure, trop compactes pour se dissoudre, s’annuler l’une dans l’autre : iris contre gingembre, encens contre violette, luttant à même la fibre des vêtements. L’odeur incruste les vestes de mon père, ses écharpes de laine, ses mouchoirs de soie, ses costumes, ses chemises, ses nœuds papillon, le cuir de ses chaussures, et aussi ses cheveux, la peau de son visage, la peau de ses mains, ses ongles, ses poils. Dès son entrée dans la maison, l’odeur d’usine dissout toute concurrence, le fumet de soupe et de gratin en train de cuire, les effluves de savon de Marseille de la salle de bains, le tabac froid, l’humidité des murs. L’odeur précède mon père, l’escorte dans les couloirs, marque son sillage comme l’herbe couchée le passage d’un animal. »

Qui touche à mon corps je le tue de Valentine Goby

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Et de 3!
Un roman où l’on passe d’un personnage à l’autre. Ce roman est lourd et dur comme son sujet: le destin tragique des faiseuses d’anges, de l’avortement et de la peine de mort.
Ici l’auteur travaille un autre sens: kinesthésique! On ressent sur la peau la chaleur, l’abandon, le cru, la souffrance, la stagnation du temps. l’oppression, le sans espoir. Encore une belle lecture malgré le sujet.

Citations : « Le reste du monde dira qu’elle assassine un futur soldat ou une future mère de soldat, tant de journaux, tant d’hommes proclament, depuis 1940, depuis 1871, depuis tellement longtemps avant, que la cause de toutes les défaites gît dans l’utérus mort des femmes. »

« Ce qui est insupportable et lui noue l’estomac, la gorge, lâche ses intestins, c’est la tendresse extrême de la peau sous ses paumes à cet endroit précis, juste derrière les oreilles, faites pour les baisers à cause de sa douceur, pour le parfum à cause de sa tiédeur, les mots d’amour, des veines palpitent là, imperceptiblement, un battement, deux battements, l’étreinte va durer deux secondes et brûler les mains qui la donnent pour la première fois. »

Kinderzimmer de Valentine Goby

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Et de 4! et je vais m’arrêter là pour l’instant, j’ai mon challenge Fred Vargas à finir!
Ce roman est magistral! Cette vérité sur les bébés nés dans les camps de la mort est terrible. On a envie de tourner la tête, d’effacer les mots mais non, on se doit d’aller au bout. Le dernier roman d’elle était dur, mais rien comparé à celui-ci! Tous les sens sont mis à l’épreuve.
Elle a une écriture d’une belle intelligence! Elle arrive à nous faire lire l’atroce et  l’insoutenable en utilisant la voie de l’espérance. Un roman bouleversant.

Citations: « Contre toute attente, ce qui arrive est une « échappatoire », le ventre un lieu que personne, ni autorité, ni institution, ni parti ne peut conquérir, coloniser, s’accaparer tant que Mila garde son secret. Elle y est seule, libre, sans comptes à rendre, on peut bien prendre sa gamelle, voler sa robe, la battre au sang, l’épuiser au travail, on peut la tuer d’une balle dans la nuque ou l’asphyxier au gaz dans un camp annexe, cet espace lui appartient sans partage jusqu’à l’accouchement, elle les as eus, les Boches ; plus qu’un enfant, c’est bien ça qu’elle possède : une zone inviolable, malgré eux. Et comme disait son père, qu’ils crèvent ces salauds. »

« Qu’est-ce-que ça veut dire, gagner ou perdre ?
Teresa répondrait : tu perds seulement quand tu abandonnes. »

Pars vite et reviens tard de Fred Vargas

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Mon préféré, je crois bien! Le personnage du crieur est original, j’adore l’idée!
Celle de la Peste beaucoup moins, mais est-ce bien de peste dont il s’agit? Est-ce que Paris est en danger? Le commissaire Adamsberg va déambuler ici et là et trouver la faille!

Citations: « Chez les Le Guern, on est peut-être des brutes, mais on n’est pas des brigands. »

« – Je me demande, dit le commissaire Adamsberg, si, à force d’être flic, je ne deviens pas flic. »

Un peu plus loin sur la droite de Fred Vargas

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J’adore les évangélistes, ici, on se focalise surtout sur l’ex-flic. Une histoire de bout d’os trouvé dans une crotte de chien à Paris peut mener loin! Je vous laisse découvrir ce roman, un de mes coups de cœur!

Citations: « J’observe les autres, ça me cultive. »

« Donc, prenons une mouche. La mouche est entrée dans la maison et elle énerve tout le monde. Des tonnes de battements d’ailes à la seconde. C’est fortiche, une mouche, mais ça énerve. Ça vole dans tous les sens, ça marche au plafond sans trucage, ça se fout partout là où il ne faut pas, et surtout, ça trouve la moindre goutte de miel égarée. L’emmerdeuse publique.
Exactement comme lui. Il trouvait du miel là où tout le monde pensait avoir bien nettoyé, n’avoir pas laissé de trace. Du miel ou de la merde, bien sûr, pour une mouche tout se vaut. »

 

Sous les vents de Neptune de Fred Vargas

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Nous voici au Québec cette fois-ci, un trident fait des siennes et tue! Des vieux démons, une Retancourt acrobate et un peu plus d’introspection de la part de notre commissaire préféré. Étrange enquête!

Citations: « J’ai un fantôme sur les bras et ce n’est pas pratique à porter. »

« – A un détail près. Une vétille à propos de ce meurtrier, mais qui risque de mal passer.
– Vous n’êtes pas sûr de vous?
– Si. Mais il est mort depuis seize ans. »

Sans feu ni lieu de Fred Vargas

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Le troisième et dernier des évangélistes (pour l’instant j’espère).
Meurtrier ou benêt? Il va falloir faire la lumière sur cette affaire qui touche Marthe. Cette ancienne prostituée croit en l’innocence de cet écervelé et appelle Louis à l’aide. Un polar fantasque!

Citations: « – Où est-ce qu’il a pris cette manière de parler?
Marthe soupira.
– Il dit que c’est pour parler respectablement… Il a dû piquer toutes ces expressions à droite et à gauche, et puis il les remet n’importe comment… Mais pour lui ça sonne sérieux, tu comprends? Que… qu’est-ce que tu penses de lui?
– Je n’en pense pas trop de bien, Marthe. »

« – Qu’est-ce qui te dit qu’on sera d’accord ?
– Vandoosler le Vieux sera d’accord. Il aime les situations merdiques.
– C’est vrai, reconnut Marc. »

Dans les bois éternels de Fred Vargas

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Une enquête au fond des bois avec des cerfs, des normands, de l’humanité, des idées qui vagabondent, de la brume, de l’amitié masculine. Mélangez et vous obtenez ce roman. Intrigue intéressante mais pas mon préféré.

Citations: « Une personne qui détient un secret, un secret si important qu’elle a juré sur ses grands dieux ou la tête de sa mère de ne jamais le confier à quiconque, le dit obligatoirement à une autre personne. »

« – Capitaine, ne trouvez-vous pas que l’on se tracasse déjà assez avec ce qu’on pense réellement , sans devoir en plus se soucier de ce qu’on aurait pu penser si on l’avait pensé? »

Soit 4442 pages lues (10 428 cette année).

 

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